À Bangui, des professionnels de santé s’inquiètent d’un phénomène de plus en plus préoccupant : des adolescentes, parfois âgées d’à peine 13 ans, prennent des pilules sans l’accord ou la connaissance de leurs parents, souvent pour faire face à une grossesse non désirée ou sous l’effet de pressions sociales. Une pratique qui expose ces jeunes filles à de graves risques pour leur santé et qui met en lumière les failles de l’éducation sexuelle et de l’accès à une contraception adaptée.
Selon plusieurs acteurs de la santé, certaines adolescentes se procurent des comprimés sur les marchés ou auprès de vendeurs non autorisés, sans connaître leur composition, leur dosage ni leurs effets secondaires. Cette automédication peut entraîner des complications parfois irréversibles. Les médicaments sont souvent vendus sans ordonnance, et les jeunes filles n’ont pas toujours conscience des risques auxquels elles s’exposent. Le manque d’information et de sensibilisation, couplé à la peur du regard des parents et de la stigmatisation sociale, pousse ces adolescentes à agir dans l’urgence.
Les spécialistes mettent en garde contre les risques d’hémorragies, d’infections graves, d’infertilité, de réactions toxiques et, dans les cas les plus sévères, de décès. Ils rappellent que le corps d’une adolescente est particulièrement vulnérable et que toute prise de médicament sans avis médical peut avoir des conséquences dramatiques. Les pilules, mal dosées ou inadaptées, peuvent provoquer des saignements abondants, des douleurs intenses et des troubles hormonaux durables. Le recours à des avortements clandestins, souvent pratiqués dans des conditions non sécurisées, aggrave encore le risque de complications.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Le manque d’éducation sexuelle, la précarité, l’accès difficile aux services de santé, la peur du regard des parents et de la stigmatisation sociale poussent les adolescentes à agir dans l’urgence. Les grossesses précoces, souvent non désirées, exposent les jeunes filles à des pressions familiales et sociales qui les conduisent à prendre des risques. Des ONG et des associations locales ont lancé des programmes de sensibilisation pour informer les adolescentes sur les risques de l’automédication et les orienter vers des structures adaptées.
Les professionnels de santé appellent à une meilleure éducation sexuelle dès le plus jeune âge, à un accès facilité à la contraception et à un renforcement des services de santé pour les adolescents. Ils plaident également pour une meilleure formation des personnels de santé sur les besoins spécifiques des adolescents. La stigmatisation des grossesses précoces doit être combattue par une approche de non-jugement.
