Burkina Faso / Réforme sanitaire : Modernisation du Code de la santé publique pour un accès équitable aux soins.

Le Gouvernement burkinabè poursuit son chantier de refondation des politiques publiques, cette fois dans le secteur névralgique de la santé. Le Conseil des ministres a examiné un projet de loi portant Code de la santé publique et a marqué son accord pour sa transmission à l’Assemblée législative du Peuple. Une démarche saluée comme une avancée majeure pour l’ensemble des acteurs et bénéficiaires du système sanitaire national.

Ce texte constitue une relecture attendue de la loi n°23/94/ADP du 19 mai 1994, en vigueur depuis plus de trois décennies. Au fil des années, plusieurs de ses dispositions sont devenues obsolètes face à l’évolution des besoins sanitaires, des technologies médicales et des attentes de la population. En engageant cette réforme, l’État se dote d’un outil actualisé, capable de mieux réguler le secteur et de garantir une offre de soins équitable et de qualité pour tous les Burkinabè.

Les innovations portées par ce nouveau code témoignent d’une vision résolument tournée vers l’avenir. Le texte renforce l’offre de soins à tous les niveaux du système, en intégrant des dimensions jusque-là peu ou pas prises en compte : les soins palliatifs et de fin de vie, les médecines alternatives, l’assistance médicale à la procréation, ou encore l’auto-prise en charge. La possibilité de réaliser des examens de laboratoire en milieu de soins et hors laboratoire traditionnel répond, elle, à un besoin concret de rapprocher les services des populations.

Autre avancée notable : la création d’un corps de réserve sanitaire, qui permettra de renforcer la capacité de réponse du pays face aux urgences et crises sanitaires. Le projet de loi consacre également l’entrée du Burkina Faso dans l’ère numérique de la santé, avec l’institution d’un dossier médical personnel, le développement de la télémédecine, de la e-pharmacie et d’un identifiant de santé unique pour chaque citoyen. Ces outils devraient faciliter le suivi médical et améliorer la coordination entre professionnels de santé.

Enfin, la prise en charge de la santé communautaire vient consolider l’ancrage de proximité de cette réforme, en valorisant le rôle des agents et relais communautaires dans les zones les plus reculées.

En modernisant ainsi son cadre légal, le Burkina Faso envoie un signal fort : celui d’un État qui place la santé de sa population au cœur de ses priorités, avec l’ambition de bâtir un système à la fois plus inclusif, plus résilient et davantage tourné vers l’innovation.

Amen K.

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