Burkina Faso : La banque nationale de gènes phytogénétiques, pierre angulaire de la souveraineté agricole et de la sécurité alimentaire.

Le patrimoine agricole du Burkina Faso dispose désormais d’un coffre-fort à la hauteur de sa valeur. Avec la Banque nationale de gènes phytogénétiques (BNGP), inaugurée à l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou, le pays se dote d’un outil stratégique pour préserver durablement les semences qui nourrissent ses populations depuis des générations.

Premier avantage : la sauvegarde de la biodiversité agricole. Variétés locales de céréales et de légumineuses, adaptées au climat sahélien, menacées par l’érosion génétique et les aléas climatiques : toutes pourront être collectées, traitées et stockées selon des standards internationaux rigoureux. L’infrastructure comprend un centre de traitement, une unité de conditionnement, des chambres de séchage et des chambres froides de haute technologie.

Deuxième avantage : la sécurité alimentaire. Dans un pays où l’agriculture emploie plus de 80 % de la population active et pèse environ 30 % du PIB, disposer de semences de qualité, en quantité suffisante et de manière durable relève de l’impératif national. Face au dérèglement climatique, la banque constitue aussi un réservoir génétique précieux pour sélectionner des variétés plus résistantes à la sécheresse et aux maladies.

Troisième avantage : la souveraineté. Pour le ministre de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, cette réalisation concrétise la vision de souveraineté du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Unique en son genre dans la sous-région, la BNGP permet au pays de maîtriser la conservation de son propre patrimoine, au lieu de le confier à des structures étrangères. Le gouvernement a d’ailleurs lancé un appel au rapatriement des ressources phytogénétiques nationales détenues à l’extérieur.

Quatrième avantage : le renforcement de la recherche. Implantée au cœur d’une université, la banque offre aux chercheurs, aux étudiants et aux sélectionneurs un matériel de travail de premier ordre pour améliorer les variétés locales et développer des semences adaptées aux réalités du terroir.

Cet acquis traduit enfin une volonté d’investir dans le long terme : dès 2024, l’État avait mobilisé plus de 565 millions de FCFA pour la construction et l’équipement de cet ouvrage.

En protégeant ses semences, le Burkina Faso protège son avenir et celui de ses paysans. La BNGP n’est pas seulement une infrastructure scientifique : elle est la garantie que les générations futures hériteront d’un patrimoine agricole préservé et intact, et que la souveraineté alimentaire du pays repose sur des racines que nul ne pourra arracher.

Issifou S.

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