Sénégal : Le GouVNum, nouvelle instance pour coordonner l’ambition « Sénégal 2050 »

Le Sénégal veut faire du numérique un moteur de son développement. Pour y parvenir, le pays s’est doté d’un Comité de gouvernance du numérique (GouVNum), installé vendredi 16 octobre par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Placé sous l’autorité du chef du gouvernement, ce comité réunit des représentants des ministères sectoriels et des structures parapubliques, avec le ministère des Télécommunications et du Numérique assurant son secrétariat permanent.

Cette instance a pour mission d’assurer la cohérence des projets publics, de rationaliser l’allocation des ressources consacrées au numérique et de renforcer la sécurité des systèmes d’information. Elle vise à mieux articuler les initiatives des différentes administrations autour des objectifs fixés par le New Deal technologique, qui décline le volet numérique de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».

Les ambitions affichées sont considérables : porter la contribution du numérique à 15 % du produit intérieur brut et créer 150 000 emplois directs d’ici 2034. La stratégie prévoit également la dématérialisation de 90 % des procédures administratives, une couverture de 90 % du territoire en connectivité et l’attribution d’une identité numérique à 90 % des citoyens à l’horizon 2034.

Le GouVNum intervient après le lancement, en mars, de sept projets structurants du New Deal technologique. Parmi eux figurent le guichet unique e-Sénégal, l’interopérabilité des systèmes d’information publics et la dématérialisation du courrier administratif. Ces chantiers de modernisation de l’administration sénégalaise nécessitaient un cadre de coordination que la nouvelle instance vient désormais incarner, en favorisant une utilisation cohérente des ressources publiques et en renforçant la coopération entre les structures engagées dans la transformation numérique du pays.

Avec ce dispositif, le Sénégal entend passer d’une logique de projets dispersés à une gouvernance intégrée du numérique. L’enjeu est double : éviter les doublons et les gaspillages, tout en garantissant que chaque initiative serve les objectifs nationaux de croissance, d’emploi et de modernisation administrative. La création du GouVNum marque ainsi une étape décisive dans la structuration de l’action publique numérique, à condition que ce comité dispose des moyens et de l’autorité nécessaires pour arbitrer entre des administrations aux agendas parfois divergents.

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