Face à une jeunesse qui représente près de 80 % de la population, le président Julius Maada Bio a lancé en décembre 2025 un programme de formation pour 1 300 jeunes motards, soutenu par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix . L’initiative, intitulée « Empowering Youth Bike Riders as Sustainable Agents of Peace in Sierra Leone », vise à offrir des compétences alternatives aux conducteurs de motos-taxis, qui jouent un rôle essentiel dans la mobilité du pays mais portaient jusqu’ici une réputation de fauteurs de troubles .
Le président Bio, qui a lui-même évoqué son expérience personnelle avec les motos, a salué les motards comme des « piliers essentiels de la mobilité et de la vie communautaire » . Il a rappelé que ces jeunes « vont dans tous les coins de la Sierra Leone, emmènent les gens au travail, à l’école, aux marchés et aux hôpitaux » . Le chef de l’État a souligné que « le minéral le plus important pour transformer la Sierra Leone, c’est le capital humain » .
Le programme, mis en œuvre par le ministère de la Jeunesse en partenariat avec le PNUD et le Fonds d’équipement des Nations unies, offre aux participants une formation technique et professionnelle en plomberie, menuiserie, coiffure et autres métiers . Les bénéficiaires reçoivent également une éducation à la sécurité routière, à la gestion financière et à l’entrepreneuriat, avec l’ouverture de comptes bancaires et la distribution de kits de démarrage .
Au-delà de la formation, l’initiative vise à transformer l’image des motards, longtemps perçus comme des agents d’insécurité. Le ministre de la Jeunesse, Ibrahim Sannoh, a rappelé que ces conducteurs représentent l’un des plus grands viviers d’emploi pour la jeunesse . Des centaines de motards ont déjà été formés comme « ambassadeurs de la paix », apprenant à désamorcer les conflits et à promouvoir la non-violence dans leurs communautés . Un accord national signé en octobre 2024 entre la police, l’Autorité de la sécurité routière et le syndicat des motards a jeté les bases d’un dialogue constructif. « Les motards sont aujourd’hui reconnus comme des citoyens pacifiques, et les communautés ont vu leur transformation vers la non-violence », se félicite le secrétaire général du syndicat .
William B.
