En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Sommet des Partenaires pour le multilatéralisme (P4M) a réuni plusieurs pays autour de la recherche de réponses communes aux crises actuelles. Coorganisé par l’Australie, la Barbade, le Brésil, le Canada, l’Union européenne, l’Inde et le Kenya, ce sommet a rassemblé un groupe diversifié de pays partageant un engagement en faveur du renforcement du multilatéralisme, du respect du droit international, de la promotion de la paix et de l’avancement d’une prospérité durable et inclusive.
Pour le président kényan William Ruto, l’un des enjeux essentiels est de préserver la confiance des populations dans leurs institutions face aux bouleversements actuels. « Lorsqu’une institution ne correspond plus aux réalités et aux aspirations des peuples qu’elle représente, elle finit par perdre leur confiance », a-t-il déclaré. Alors que les tensions géopolitiques, les conflits et les nouveaux défis mondiaux changement climatique, intelligence artificielle exercent une pression croissante sur les institutions multilatérales, le sommet P4M visait à défendre et renforcer le système multilatéral.
Lors du lancement de la plateforme « Partenaires pour le multilatéralisme », le président du Conseil européen, António Costa, a expliqué qu’elle « vise à être une plateforme ouverte aux partenaires de toutes les régions du monde qui sont prêts à défendre des principes communs et à œuvrer à des solutions concrètes. Elle servira de réseau pour le dialogue, la constitution de coalitions et la coopération pratique, afin de nous aider à coordonner nos actions face aux défis communs. Notre objectif fondamental est de soutenir le travail des Nations Unies et des autres cadres multilatéraux. »
Le président kényan a appelé à repenser les partenariats internationaux avec l’Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent. « La question n’est plus seulement de savoir combien d’argent nos partenaires peuvent apporter à l’Afrique. La vraie question, c’est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l’Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international. Nos institutions financières multilatérales et de développement ne doivent pas être de simples prêteurs. Elles doivent être des leviers capables de mobiliser beaucoup plus de financements. »
Après ce premier rendez-vous, l’initiative entend désormais passer aux actes, en élargissant ses rangs et en faisant avancer des propositions concrètes pour réformer le système multilatéral et répondre aux grands défis mondiaux : changement climatique, intelligence artificielle, santé mondiale, inégalités économiques et sécurité internationale.
Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a déclaré : « Nous devons, avec une grande lucidité, réformer l’Institution afin de reconnaître que nous sommes dans la troisième décennie du XXIe siècle, et non dans la cinquième décennie du XXe siècle. À cet égard, cela signifie que certains d’entre nous devront assumer davantage de responsabilités. Et s’il nous faut contribuer davantage, notamment en augmentant nos contributions financières, qu’il en soit ainsi, car il y a un prix à payer pour protéger l’ordre fondé sur des règles. »
David Lametti, représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies, a pour sa part souligné : « La Charte et ses valeurs ne nous ont pas fait défaut. L’échec réside dans l’habitude de vouloir que chaque problème soit résolu par tout le monde en même temps, puis d’appeler « multilatéralisme » la paralysie qui en résulte. Un multilatéralisme efficace fonctionne par niveaux. »
Achille Nicoué.
