Burkina Faso : Exposition gouvernementale, vitrine d’un pays qui produit, transforme et assume

Ouagadougou a ouvert une vitrine où le Burkina Faso se montre tel qu’il veut être regardé : un pays qui produit, transforme et assume. Jusqu’au 9 octobre, l’exposition gouvernementale se tient au Pavillon du Soleil Levant du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) et sur son esplanade extérieure.

Cette exposition ouvre la deuxième phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), qui se poursuit jusqu’au 16 octobre sur tout le territoire et dans les missions diplomatiques. Le mot d’ordre est limpide : produire burkinabè, consommer burkinabè, et faire de chaque achat un acte de souveraineté.

Le parcours se veut une démonstration. Chaque département ministériel y présente ses réalisations, réformes et innovations, au fil de huit journées thématiques, de l’agriculture à l’éducation, de l’emploi aux finances publiques. Le 8 octobre est consacré au « Made in Burkina ». Un village des mets et produits nationaux, un espace d’expo-vente et un village culturel invitent à voir, goûter et acheter.

Le message de fond repose sur trois leviers désignés par le chef de l’État : la production, la transformation et la consommation. La transformation en est le maillon décisif : riz, huile, sucre, tomate, soumbala, céréales, vêtements, autant de produits où l’offre nationale doit gagner en qualité et en régularité. Artisans, commerçants et industriels sont invités à relever ce défi ; les citoyens, à vérifier l’origine des produits et à privilégier le local, jusque dans les administrations et les cantines scolaires.

Le choix du SIAO ne doit rien au hasard : c’est là que le savoir-faire artisanal rencontre l’ambition industrielle. L’exposition est un espace de redevabilité : des panels permettent aux citoyens d’échanger directement avec les membres du Gouvernement et d’exprimer leurs préoccupations.

Les défis demeurent : stocker, transformer et distribuer davantage de la production nationale, mais aussi renforcer la normalisation, les emballages et la labellisation. L’enjeu est de réduire les importations, d’accroître la valeur ajoutée locale et de créer des emplois et des revenus, notamment pour les jeunes et les femmes.

Les femmes en sont les actrices de premier plan. Selon la FIAB, fin 2025, 140 des 215 entreprises agroalimentaires enregistrées étaient dirigées par des femmes. Ce n’est donc pas une foire de plus, mais l’inventaire d’un pays qui veut prouver, produit après produit, que la souveraineté économique commence par ce que l’on fabrique soi-même.

Karim B.

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