La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a enregistré plus de neuf milliards de francs CFA de préjudices financiers liés à la cybercriminalité en cinq ans, a indiqué son commandant, le commissaire principal de police Bayi Akim Nignan, lors d’un point de presse à Ouagadougou. Un bilan qui révèle l’ampleur croissante d’une menace encore sous-estimée par le grand public.
Parmi les infractions recensées figurent les cyber-escroqueries, le chantage à la vidéo, les atteintes aux systèmes informatiques et à la vie privée, ainsi que la diffusion de contenus illicites et de fausses informations. La BCLCC met également en garde contre les fraudes liées au mobile money, aux services bancaires mobiles, au commerce en ligne et aux plateformes d’investissement. Les cryptomonnaies et les paris numériques peuvent aussi servir de terrain à des escroqueries financières et au blanchiment de capitaux, selon ses responsables.
Pour renforcer la prévention, la brigade organise du 26 au 30 octobre la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité. Placée sous le thème « Cybercriminalité et menaces numériques émergentes : du clic au crime », cette initiative prévoit des campagnes de sensibilisation, des panels, des journées portes ouvertes et un hackathon consacré aux investigations numériques.
Lors d’une journée portes ouvertes organisée lundi à Ouagadougou, le secrétaire général du ministère de la Sécurité, Ahmed Ouédraogo, a appelé les citoyens à mieux connaître les règles encadrant l’utilisation des plateformes numériques. Le commandant de la BCLCC a, lui, insisté sur la responsabilité des internautes, rappelant qu’un simple clic, partage ou commentaire peut parfois constituer une infraction.
Au-delà des chiffres, cette semaine nationale traduit une prise de conscience : la lutte contre la cybercriminalité ne saurait reposer sur la seule brigade, dont les moyens restent limités face à la diversification des arnaques. La prévention, la culture numérique et la responsabilité individuelle deviennent dès lors des maillons aussi essentiels que la répression. Reste à savoir si la sensibilisation parviendra à inverser une tendance que les neuf milliards de FCFA de préjudices résument déjà.
