Le Burkina Faso engage une transformation profonde de son secteur minier, longtemps dominé par les multinationales étrangères. Sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim Traoré, l’État burkinabè reprend progressivement le contrôle de ses ressources aurifères, faisant de la souveraineté économique un pilier de la refondation nationale.
Créée en 2023, la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB) constitue le fer de lance de cette stratégie. Cette entreprise publique a déjà pris le contrôle des mines d’or de Boungou et de Wahgnion, jusqu’alors exploitées par le groupe britannique Endeavour Mining. Le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a annoncé que ce processus de reprise se poursuivrait, dans le cadre d’une politique volontariste de réappropriation des richesses nationales.
Les résultats sont déjà tangibles : à fin 2025, six des quinze mines industrielles en production, soit 40 % du total, sont désormais détenues majoritairement par des Burkinabè, dont trois directement contrôlées par l’État à travers la SOPAMIB. Une rupture historique avec des décennies de domination étrangère sur ce secteur stratégique.
L’adoption en juillet 2025 d’une révision majeure du code minier a renforcé ce mouvement. La part gratuite de l’État dans les nouveaux projets miniers est passée de 10 % à 15 %, avec la possibilité d’acquérir 15 % supplémentaires. Des quotas imposant la participation de nationaux à tous les niveaux hiérarchiques ont été instaurés, et les permis d’exploitation sont désormais limités à des durées plus courtes, renouvelables sous conditions.
Cette réforme répond à un impératif majeur : endiguer les flux financiers illicites qui privent le pays de ressources vitales. Selon une étude de l’ITIE Burkina Faso, les flux financiers illicites liés aux minerais ont atteint 4,93 milliards de dollars entre 2012 et 2021, l’or représentant à lui seul 61 % de ce montant. Le gouvernement a identifié le secteur extractif comme une source potentielle de financement du terrorisme. La lutte contre la contrebande d’or s’est intensifiée, avec des opérations de contrôle renforcées et des mécanismes de digitalisation des procédures pour assurer une meilleure traçabilité de la production.
Le Burkina Faso, à travers ces réformes, se positionne ainsi comme un laboratoire de la souveraineté minière en Afrique, démontrant qu’un État peut reprendre la main sur ses ressources pour financer son développement et garantir sa sécurité.
Amen K.
