Fort de ses 570 kilomètres de côtes et de ses riches écosystèmes marins, la Sierra Leone s’est longtemps contentée d’une part infime de ses ressources halieutiques, faute d’infrastructures adéquates. Sous l’impulsion du président Julius Maada Bio, le programme phare Feed Salone fait de la pêche durable un pilier de la diversification économique, en misant sur la régulation et la transformation des produits de la mer.
La concrétisation la plus emblématique de cette vision est le Julius Maada Bio Industrial Fishing Port, dont les travaux ont officiellement débuté en avril 2026 à Black Johnson. Fruit d’un partenariat avec la Chine, ce projet de 55 millions de dollars constitue une infrastructure structurante pour l’économie bleue du pays.
Ce port industriel est conçu pour révolutionner le secteur en offrant des services intégrés : accostage, déchargement, ravitaillement en carburant, entretien, transbordement, manutention du poisson, transformation et distribution sur les marchés locaux et internationaux. Sa capacité annuelle de traitement est estimée à 20 000 tonnes métriques de poisson, pour un chiffre d’affaires annuel attendu de plus de 60 millions de dollars. L’infrastructure comprendra un quai de 500 mètres, un bassin de 300 000 mètres carrés, un marché de poisson moderne, des unités de transformation, de production de glace et de fabrication de filets.
Au-delà de la modernisation des infrastructures, Feed Salone s’attaque à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qui a longtemps privé le pays de revenus substantiels. La Sierra Leone a ratifié l’accord de l’OMC sur les subventions à la pêche et renforce sa coopération régionale, notamment avec la Guinée, pour une meilleure gouvernance des ressources halieutiques.
Le président Bio a souligné que le secteur de la pêche perdait environ 42 millions de dollars par an en raison d’inefficacités et de sous-investissements. Il voit dans ce port un moyen de réduire les pertes post-capture, de créer des emplois et de positionner la Sierra Leone comme un hub régional pour le commerce et la transformation du poisson.
Le ministre de la Pêche a également appelé le secteur privé à investir dans la chaîne de valeur, notamment dans la transformation, la production de glace et le tourisme maritime, afin de maximiser les retombées économiques. En misant sur l’économie bleue, Julius Maada Bio trace la voie d’une Sierra Leone qui ne se contente plus d’exporter ses ressources brutes, mais qui les valorise pour créer de la richesse et de l’emploi sur son propre sol.
Denis A.
