L’Iran annonce être sur le point de conclure un arrangement avec le Sultanat d’Oman en vue d’instaurer un couloir de navigation provisoire et protégé au sein du détroit d’Ormuz, ce passage d’importance capitale pour l’acheminement mondial du pétrole et du gaz.
C’est ce qu’a indiqué Esmaeil Baghaei, porte-parole de la diplomatie iranienne, précisant que cet accord pourrait être notifié à l’Organisation maritime internationale d’ici quelques jours seulement.
Téhéran, qui revendique une forme d’autorité sur le détroit, avait par le passé rejeté l’idée d’un itinéraire de contournement soutenu par les Nations unies, envisagé au sud du détroit, à proximité du littoral omanais. Le régime iranien affirme néanmoins mener depuis plusieurs mois des échanges avec Mascate autour de l’instauration d’un corridor temporaire visant à garantir la sécurité du trafic maritime.
Ce dossier a gagné en acuité depuis le déclenchement du conflit, fin février, consécutif aux bombardements américains et israéliens visant le territoire iranien. Téhéran avait alors cherché à bloquer l’accès au détroit, dans une logique de pression économique dirigée contre Washington cette artère maritime concentrant une portion considérable des flux mondiaux d’hydrocarbures et de gaz naturel. En réponse, les autorités américaines ont instauré un blocus naval visant les ports iraniens et ont organisé l’escorte de navires pétroliers traversant le détroit, en dépit des tentatives iraniennes de les viser.
Parallèlement, Esmaeil Baghaei s’en est pris à un projet de résolution élaboré par Washington et ses partenaires européens, qu’il qualifie de manifestation de « mauvaise foi » et de facteur susceptible d’attiser les tensions. Ce texte, rédigé conjointement par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, pourrait être présenté devant le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
L’objectif poursuivi consiste à ouvrir la voie à un signalement du dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Téhéran étant soupçonné de manquer à ses engagements en matière de non-prolifération nucléaire. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires impose en effet à l’Iran de rendre compte de ses activités et matières nucléaires, tout en autorisant les inspecteurs de l’AIEA à s’assurer de l’absence de tout détournement à des fins militaires.
Cette procédure fait l’objet de discussions depuis juin 2025, moment où le Conseil des gouverneurs de l’AIEA avait constaté un manquement iranien à ses obligations un constat inédit depuis vingt ans. Cette conclusion était tombée la veille même des frappes américano-israéliennes contre les sites nucléaires iraniens.
Hérode L.
