Le 21e Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), achevé dimanche à Luanda, s’est conclu par un appel pressant aux États membres à renforcer leur engagement financier pour la paix et la sécurité, notamment en augmentant leurs contributions au Fonds de la paix de l’organisation continentale.
Dans la Déclaration de Luanda, lue par le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, les dirigeants africains exhortent leurs pairs à transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Ils ont réaffirmé que la consolidation d’une paix durable sur le continent doit s’appuyer davantage sur des ressources africaines, tout en soulignant que le partenariat avec la communauté internationale doit respecter la souveraineté des États et privilégier des solutions conçues et portées par les Africains.
Le Fonds de la paix de l’UA est appelé à jouer un rôle central dans cette dynamique. Il vise à mobiliser des ressources prévisibles pour financer les opérations de soutien à la paix, les efforts de médiation et le renforcement des capacités institutionnelles. Les chefs d’État ont insisté sur la nécessité d’accroître les contributions des États membres afin de réduire la dépendance à l’égard des financements extérieurs, qui a longtemps limité la capacité de l’organisation à répondre efficacement aux crises du continent.
Le sommet a également identifié les menaces majeures qui pèsent sur la stabilité du continent : terrorisme et extrémisme violent, changements anticonstitutionnels de gouvernement, crises politiques, cybermenaces et rivalités géopolitiques. Face à ces défis, les dirigeants ont appelé à un renforcement de la redevabilité au sein des mécanismes de l’UA, en particulier le Conseil de paix et de sécurité, afin que les décisions arrêtées au niveau des chefs d’État débouchent sur des résultats tangibles.
Les chefs d’État ont également souligné l’importance d’une participation accrue des femmes et des jeunes aux processus de paix et appelé à renforcer la protection des enfants affectés par les conflits. Le sommet de Luanda entend ainsi donner un nouvel élan à l’appropriation africaine de l’agenda de paix et de sécurité, dans un contexte marqué par la multiplication et la complexification des crises sur le continent.
Gérald N.
