Burkina Faso : Le tourisme, un levier de développement durable et de valorisation du patrimoine

Le Burkina Faso dispose d’atouts touristiques remarquables, mais encore insuffisamment exploités. Des sites emblématiques comme les Ruines de Loropéni et la Cour royale de Tiébélé, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les Dômes de Fabédougou, les Pics de Sindou, la Mare aux hippopotames de Bala ou les Cascades de Banfora constituent une richesse nationale considérable. Sous l’impulsion du capitaine Ibrahim Traoré, ces potentialités sont progressivement valorisées comme un pilier de la diversification économique et de la fierté nationale.

Le tourisme joue un rôle croissant dans l’économie burkinabè. En 2024, les recettes touristiques globales ont atteint 90,34 milliards de FCFA, en hausse de 3,5 % par rapport à 2023, tandis que les arrivées de touristes internationaux sont passées de 120 803 en 2023 à 132 340 en 2024, soit une progression de 9,6 %. Cette dynamique s’explique en partie par l’amélioration progressive du climat sécuritaire et la tenue d’événements d’envergure internationale tels que le FESPACO et le SIAO, qui attirent des visiteurs et stimulent le secteur tertiaire.

Pour mesurer précisément cette contribution, le gouvernement a mis en place le Compte satellite du tourisme burkinabè (CST-B), un instrument statistique qui permet d’évaluer l’impact du secteur sur le PIB, la création d’emplois et les flux de consommation touristique. Cet outil doit permettre d’orienter les stratégies de promotion et d’allouer efficacement les ressources.

Le ministère en charge du Tourisme a multiplié les initiatives pour redynamiser le secteur. En 2025, le taux de réalisation des actions sectorielles a atteint 77,78 %, contre 60 % en 2024. Parmi les acquis figurent le financement de 116 opérateurs culturels et touristiques via le Fonds de Développement Culturel et Touristique, le classement de 60 entreprises touristiques et le contrôle de 1 118 établissements. Le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) demeure un rendez-vous majeur pour la promotion de la destination.

L’État encourage également le tourisme interne, considéré comme un levier de développement économique et social. Des initiatives locales émergent, à l’image du safari écotourisme de la Mare aux hippopotames de Bala, dont la deuxième édition s’est tenue en mai 2026 avec plus de 500 participants, et du programme de réhabilitation du Parc urbain Bangr-Weogo, doté de 75 milliards de FCFA, destiné à en faire une destination écotouristique de référence.

Malgré ces avancées, le secteur reste confronté à des obstacles structurels. La crise sécuritaire a durablement affecté la fréquentation de certains sites, notamment dans le Sud-ouest, où les autorités peinent à dissiper une image d’insécurité pourtant démentie par les faits. Le manque d’aménagement de nombreux sites, l’absence de guides professionnels et la concurrence déloyale figurent parmi les principaux freins identifiés.

En conjuguant valorisation du patrimoine, promotion du tourisme interne et amélioration de la compétitivité des entreprises, le Burkina Faso trace la voie d’un tourisme durable, capable de créer des emplois, de réduire la pauvreté et de renforcer le rayonnement du pays.

Ahmed B.

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